Édition 2026

Dégradations locatives : dépôt, PNO ou GLI ?

Le locataire est parti en laissant des dégradations : ordre à respecter entre dépôt de garantie, recours contre le locataire, GLI et PNO. Ce que couvre vraiment votre assurance bailleur.

L'équipe PNO Assur

Experts assurance bailleur

9 min de lecture
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Un logement rendu abîmé n'est pas une fatalité financière pour le bailleur, à condition d'actionner ses recours dans le bon ordre. Dépôt de garantie, responsabilité du locataire, GLI, PNO : chacun a sa place. Mode d'emploi.
Le locataire est responsable des dégradations imputables constatées à l'état des lieux de sortie. C'est lui qui paie en premier.
Ordre à respecter : dépôt de garantie → mise en demeure → GLI/Visale → PNO en dernier recours si extension prévue.
Restitution du dépôt : 1 mois si conforme, 2 mois avec retenues justifiées par devis/factures. Retard = pénalités.
Vétusté ≠ dégradation : l'usure normale reste au bailleur, la dégradation au locataire. Une grille de vétusté sécurise le partage.
Sans état des lieux de sortie, le locataire est présumé avoir rendu le bien en bon état : aucun recours possible.

Récupérer un logement abîmé après le départ d'un locataire est une épreuve fréquente pour les bailleurs. La bonne question n'est pas seulement « qui paie ? » mais « dans quel ordre actionner mes recours ? ». Entre le dépôt de garantie, la responsabilité du locataire, la garantie loyers impayés et l'assurance PNO, chaque dispositif a un rôle précis et une place dans la chaîne. Voici la marche à suivre, étape par étape.

02 L'état des lieux, socle de tout recours

Avant toute question d'assurance, une réalité juridique s'impose : sans preuve, pas de recours. Cette preuve, c'est la comparaison entre l'état des lieux d'entrée et l'état des lieux de sortie.

Le principe de l'article 1731 du Code civil

À défaut d'état des lieux de sortie contradictoire, le locataire est présumé avoir reçu et rendu le logement en bon état. Autrement dit, si vous n'avez pas fait d'état des lieux de sortie, ou s'il n'a pas été signé par les deux parties, vous ne pourrez quasiment rien réclamer. C'est la pièce maîtresse du dossier.

Distinguer vétusté et dégradation

Toutes les traces d'usage ne sont pas imputables au locataire. La loi distingue :

  • La vétusté : usure normale liée au temps et à un usage conforme (peinture qui jaunit, joints qui s'usent, moquette élimée après plusieurs années). Elle reste à la charge du bailleur.
  • La dégradation : dommage résultant d'un défaut d'entretien ou d'un usage anormal (trou dans une cloison, brûlure sur un plan de travail, sanitaire cassé, mur repeint sans autorisation). Elle est imputable au locataire.

Pour trancher les cas limites, annexez une grille de vétusté au bail. Elle fixe une durée de vie et un abattement pour chaque élément, ce qui évite les litiges au moment du décompte.

Documenter avec méthode

Photos datées, description précise pièce par pièce, présence des deux parties : un état des lieux bien fait est votre meilleure assurance. En cas de dégradations importantes qui relèvent aussi d'un sinistre (dégât des eaux mal traité par exemple), l'articulation avec la PNO est détaillée dans notre guide dégât des eaux causé par le locataire : qui rembourse quoi.

03 Étape 1 : le dépôt de garantie

Le dépôt de garantie est le premier rempart. Versé par le locataire à la signature du bail, il sert précisément à couvrir les manquements constatés au départ : loyers ou charges restant dus, et réparations locatives.

Les plafonds légaux

  • Location nue : 1 mois de loyer hors charges maximum.
  • Location meublée : 2 mois de loyer hors charges maximum.

Les retenues autorisées

Vous pouvez retenir tout ou partie du dépôt, à condition de justifier chaque retenue par un devis ou une facture. Une retenue forfaitaire « au jugé » est contestable : le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation ou le juge pour obtenir la restitution.

Les délais de restitution

  • 1 mois après remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée.
  • 2 mois en cas de retenues justifiées.

Passé ce délai, le dépôt non restitué est majoré d'une pénalité de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard entamé. En copropriété, le bailleur peut conserver jusqu'à 20 % du dépôt jusqu'à l'arrêté annuel des comptes de charges, puis solder ensuite.

04 Étape 2 : le recours contre le locataire

Quand le montant des dégradations dépasse le dépôt de garantie, le dépôt ne suffit plus. Il faut alors se retourner directement contre le locataire pour le solde.

La mise en demeure

Première étape formelle : adresser au locataire une lettre recommandée avec accusé de réception chiffrant le solde restant dû, appuyée sur les devis et l'état des lieux de sortie. Accordez un délai raisonnable (15 jours) pour régler à l'amiable. Beaucoup de dossiers se résolvent à ce stade.

La conciliation

En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation (CDC) peut être saisie gratuitement. Elle rend un avis dans un délai de deux mois. Ce passage est souvent un préalable utile avant le juge.

Le recours judiciaire

Si l'amiable échoue, le juge des contentieux de la protection est compétent pour les litiges locatifs. Il peut condamner le locataire à payer le solde des réparations. Munissez-vous de l'état des lieux comparé, des devis et factures, et de la preuve de la mise en demeure. Une protection juridique (souvent incluse dans une GLI) prend en charge ces démarches.

05 Étape 3 : GLI, Visale et PNO

Les assurances interviennent en complément, jamais en premier. Encore faut-il savoir laquelle couvre réellement les dégradations.

La garantie loyers impayés (GLI)

Certaines GLI incluent un volet « dégradations locatives » qui indemnise le bailleur au-delà du dépôt de garantie, dans la limite d'un plafond (souvent 2 à 10 mois de loyer selon les contrats). Vérifiez impérativement cette clause : toutes les GLI ne couvrent pas les dégradations, et un délai de carence peut s'appliquer.

La caution Visale

La caution Visale d'Action Logement couvre les dégradations locatives à hauteur de 2 mois de loyer et charges, en complément du dépôt de garantie, pour les locataires éligibles. C'est une sécurité gratuite non négligeable.

La PNO

L'assurance propriétaire non occupant vise avant tout les dommages accidentels au bâti et votre responsabilité. Les dégradations d'usage laissées par le locataire ne relèvent pas de son cœur de garantie. Toutefois, certains contrats proposent une extension « dommages immobiliers causés par le locataire » : c'est une option, pas une garantie automatique. Consultez le détail des garanties PNO et vos conditions particulières.

L'ordre gagnant

Dépôt de garantie → mise en demeure du locataire → GLI (volet dégradations) ou Visale → PNO uniquement si une extension le prévoit. Chaque maillon a sa place ; sauter une étape complique l'indemnisation.

Pour vous assurer que votre contrat PNO couvre bien les extensions utiles à votre situation, comparez plusieurs offres via notre comparateur en ligne.

Vos questions sur les dégradations locatives

Questions fréquentes

Qui paie les dégradations laissées par le locataire ?
En premier lieu, le locataire est responsable des dégradations qui lui sont imputables et qui figurent à l'état des lieux de sortie. Le bailleur se sert d'abord du dépôt de garantie, puis engage un recours contre le locataire si le montant le dépasse. La PNO ou la GLI n'interviennent qu'en dernier recours, selon les garanties souscrites.
Peut-on retenir le dépôt de garantie pour des dégradations ?
Oui, dans la limite du coût des réparations imputables au locataire, à condition de le justifier par des devis ou des factures. Le dépôt de garantie doit être restitué sous 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, ou sous 2 mois en cas de retenues. Au-delà, des intérêts de retard sont dus (10 % du loyer mensuel par mois entamé).
La PNO couvre-t-elle les dégradations du locataire ?
La PNO couvre surtout les dommages accidentels au bâti (incendie, dégât des eaux) et votre responsabilité. Les dégradations d'usage ou volontaires laissées par le locataire relèvent d'abord de sa responsabilité et du dépôt de garantie. Certaines PNO incluent une extension « dégradations immobilières » du locataire, mais ce n'est pas systématique : vérifiez vos conditions particulières.
Que faire si les dégradations dépassent le dépôt de garantie ?
Trois leviers : (1) mettre le locataire en demeure de payer le solde par lettre recommandée avec accusé de réception ; (2) actionner la garantie loyers impayés (GLI) si elle inclut le volet dégradations, ou la caution Visale (jusqu'à 2 mois de loyer) ; (3) saisir le juge des contentieux de la protection pour obtenir un titre exécutoire.
Quelle différence entre vétusté et dégradation ?
La vétusté est l'usure normale du logement liée au temps et à un usage conforme (peinture ternie, moquette usée) : elle reste à la charge du bailleur. La dégradation résulte d'un défaut d'entretien ou d'un usage anormal (trous, brûlures, éléments cassés) : elle est imputable au locataire. Une grille de vétusté annexée au bail sécurise cette distinction souvent litigieuse.
L'état des lieux de sortie est-il obligatoire pour se retourner ?
Oui, il est déterminant. Sans état des lieux de sortie contradictoire, le locataire est présumé avoir rendu le logement en bon état (article 1731 du Code civil), ce qui rend tout recours quasi impossible. L'état des lieux d'entrée et de sortie, comparés, constituent la preuve des dégradations imputables. Réalisez-les avec soin, photos à l'appui.
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