Édition 2026

La PNO couvre-t-elle les loyers impayés ?

Non, la PNO ne couvre pas les loyers impayés : c'est la garantie loyers impayés (GLI) qui les prend en charge. Différences PNO / GLI / Visale, ce que chacune paie, comment les articuler.

L'équipe PNO Assur

Experts assurance bailleur

8 min de lecture
Comparer ma PNO
La crainte de l'impayé est le premier réflexe du bailleur. Mais l'assurance PNO n'a jamais eu vocation à couvrir le loyer : elle protège le bien, pas le revenu. Voici la garantie qui répond vraiment à ce risque, et comment l'articuler avec votre PNO.
La PNO ne couvre pas les loyers impayés. Elle protège le bâti et votre responsabilité, pas votre revenu locatif.
C'est la GLI (garantie loyers impayés) qui compense le loyer non versé, les frais de procédure et souvent les dégradations.
Coût GLI : 2 à 4,5 % du loyer annuel, déductible au régime réel. Conditions de solvabilité strictes à l'entrée du locataire.
GLI et caution Visale ne se cumulent pas sur un même locataire : Visale si éligible (gratuite), GLI sinon.
La combinaison la plus complète pour un investisseur : PNO pour le bien + GLI pour le loyer.

« Si mon locataire ne paie plus, mon assurance PNO m'indemnise-t-elle ? » C'est l'une des confusions les plus fréquentes chez les propriétaires bailleurs. La réponse tient en un mot : non. La PNO et la protection contre les impayés sont deux garanties distinctes, qui ne couvrent pas du tout le même risque. Ce guide clarifie ce que chacune paie réellement et comment les combiner pour sécuriser à la fois votre bien et vos revenus.

02 Ce que couvre — et ne couvre pas — la PNO

L'assurance propriétaire non occupant (PNO) est une assurance de choses et de responsabilité, pas une assurance de revenu. Son rôle est de protéger le logement lui-même et de couvrir les conséquences pécuniaires des dommages qui trouvent leur origine dans votre bien.

Le périmètre réel de la PNO

  • Dommages au bâti : incendie, explosion, dégât des eaux, tempête, catastrophe naturelle, bris de glace, parfois vol et vandalisme.
  • Responsabilité civile du propriétaire : si un sinistre né dans votre logement endommage un voisin ou un tiers (fuite qui traverse le plancher, incendie qui se propage).
  • Vacance locative au sens de la couverture du bâti : le bien reste assuré même sans locataire, période pendant laquelle aucune assurance habitation locataire ne prend le relais. Nous détaillons ce point dans notre article que devient votre couverture PNO quand le locataire part.

Ce que la PNO ne prend jamais en charge

La PNO n'a aucun lien avec le paiement du loyer. Un locataire qui cesse de régler ses mensualités ne déclenche aucune indemnisation PNO, car il ne s'agit pas d'un dommage matériel mais d'une défaillance contractuelle. De la même façon, la PNO ne couvre ni la vacance financière (perte de loyer faute de locataire), ni les frais de procédure d'expulsion, ni les dégradations volontaires assimilées à un abandon de bail — ces risques relèvent d'autres garanties.

Pour comprendre en détail l'étendue exacte des garanties d'un contrat PNO, consultez notre page dédiée aux garanties de l'assurance PNO.

03 La GLI, la vraie protection contre les impayés

La garantie loyers impayés (GLI) est le contrat qui répond réellement à la crainte de l'impayé. Elle indemnise le bailleur lorsque le locataire ne paie plus, et prend souvent en charge bien plus que le seul loyer.

Ce que couvre une GLI complète

  • Loyers et charges impayés : versement du montant dû, généralement plafonné (souvent 70 000 à 90 000 €, ou 24 à 36 mois de loyer selon les contrats).
  • Frais de contentieux et d'huissier : commandement de payer, procédure devant le juge des contentieux de la protection, frais d'expulsion.
  • Protection juridique : accompagnement et prise en charge des honoraires pour recouvrer la créance.
  • Dégradations locatives : dans certains contrats, réparation des dégâts causés par le locataire au-delà du dépôt de garantie.

Les conditions d'éligibilité du locataire

La contrepartie de cette couverture est la sélection à l'entrée. L'assureur exige un dossier locataire solvable, généralement :

  • Un taux d'effort maîtrisé : le loyer charges comprises ne doit pas dépasser environ 33 à 35 % des revenus nets du locataire.
  • Un contrat de travail stable (CDI hors période d'essai, ou revenus équivalents pour un indépendant ou un retraité).
  • Un dossier complet et vérifié au moment de la signature du bail : justificatifs de revenus, avis d'imposition, contrat de travail.

Si le dossier ne respecte pas ces critères au départ, l'assureur peut refuser d'indemniser en cas d'impayé ultérieur. La rigueur du dossier d'entrée est donc décisive.

Coût et fiscalité

La prime GLI représente en moyenne 2 à 4,5 % du loyer annuel charges comprises. Comme la prime PNO, elle est intégralement déductible des revenus fonciers au régime réel (ou des BIC en location meublée), ce qui allège le coût net. Pour un panorama de la déductibilité des primes d'assurance bailleur, voyez notre guide sur la déduction de la PNO de vos impôts.

04 PNO, GLI, Visale, caution : qui fait quoi

Quatre dispositifs coexistent pour sécuriser une location, chacun avec un rôle propre. Les confondre conduit à des trous de couverture — ou à payer deux fois pour le même risque.

La PNO — protège le bien

Couvre le bâti et la responsabilité du propriétaire. Obligatoire pour un lot en copropriété depuis la loi ALUR. Ne concerne pas le loyer. Voir notre page sur l'obligation d'assurance PNO.

La GLI — protège le revenu

Assurance payante souscrite par le bailleur. Compense les loyers impayés, les frais de procédure et souvent les dégradations. Conditions de solvabilité strictes.

La caution Visale — une garantie gratuite

Caution délivrée par Action Logement, gratuite pour le bailleur et le locataire. Elle couvre les loyers impayés et les dégradations dans la limite du barème. Réservée à des profils précis : locataires de moins de 31 ans, salariés en mobilité professionnelle, ménages via un bail mobilité. Le bailleur ne peut pas exiger, en plus de Visale, une caution personne physique — c'est l'un ou l'autre.

La caution solidaire (personne physique)

Un tiers (souvent un parent) se porte garant. Gratuite, mais son efficacité dépend de la solvabilité du garant et de la lourdeur du recouvrement. Elle ne se cumule pas avec une GLI pour un locataire non étudiant/apprenti : l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 interdit au bailleur d'exiger un cautionnement en plus d'une assurance pour impayés, sauf exceptions (étudiant, apprenti).

Règle à retenir

Sur un même logement, on additionne la PNO (le bien) et un dispositif de sécurisation du loyer (GLI ou Visale ou caution), mais on ne cumule pas deux dispositifs de sécurisation du loyer sur le même locataire.

05 Comment articuler les deux garanties en pratique

Pour un investisseur locatif, la logique la plus robuste combine une PNO pour le bien et un dispositif pour le loyer. Voici comment décider.

Étape 1 : sécuriser le bâti avec la PNO

C'est le socle. Elle est obligatoire en copropriété et fortement recommandée en maison individuelle. Elle couvre les sinistres qui, sans elle, resteraient à votre charge même en présence d'un locataire assuré (période de vacance, carence de l'assurance locataire, responsabilité vis-à-vis des tiers).

Étape 2 : choisir le dispositif de loyer selon le profil du locataire

  • Locataire éligible Visale (jeune, mobilité, bail mobilité) : privilégiez Visale, gratuite, qui couvre impayés et dégradations dans la limite du barème.
  • Locataire solvable non éligible Visale : optez pour une GLI, à condition de constituer un dossier conforme aux exigences de l'assureur.
  • Étudiant ou apprenti avec garant familial solide : la caution solidaire peut suffire et reste cumulable dans ce cas précis.

Étape 3 : vérifier les plafonds et délais

Avant de signer une GLI, contrôlez trois paramètres : le plafond d'indemnisation (en euros et en nombre de mois), le délai de carence éventuel (durée avant que la garantie ne joue après souscription) et la franchise. Ces trois éléments déterminent l'utilité réelle du contrat le jour où un impayé survient.

La bonne nouvelle : la PNO et la GLI se pilotent séparément, et vous pouvez ajuster votre couverture bien par bien. Pour comparer des offres PNO adaptées à votre situation de bailleur, utilisez notre comparateur en ligne — cinq questions suffisent à obtenir trois finalistes anonymisés.

Vos questions sur PNO et loyers impayés

Questions fréquentes

L'assurance PNO couvre-t-elle les loyers impayés ?
Non. L'assurance propriétaire non occupant couvre les dommages au bâti (incendie, dégât des eaux, catastrophe naturelle) et votre responsabilité civile de bailleur. Elle ne verse rien quand le locataire cesse de payer son loyer. Cette protection financière relève d'un contrat distinct : la garantie loyers impayés (GLI), souvent proposée en option ou en contrat séparé.
Quelle est la différence entre PNO et GLI ?
La PNO protège le bien (les murs, les tiers, les parties dont vous êtes responsable). La GLI protège le revenu (le loyer). L'une indemnise un sinistre matériel, l'autre compense une défaillance de paiement du locataire. Elles sont complémentaires : beaucoup d'investisseurs souscrivent les deux pour couvrir à la fois le bâti et les flux de trésorerie.
Combien coûte une garantie loyers impayés ?
La GLI coûte généralement 2 à 4,5 % du loyer annuel charges comprises. Pour un loyer de 800 €/mois, comptez environ 190 à 430 €/an. La prime est intégralement déductible des revenus fonciers au régime réel, ce qui réduit le coût net réel. En contrepartie, l'assureur impose des conditions strictes de solvabilité du locataire à l'entrée.
Peut-on cumuler la GLI avec la caution Visale ?
Non, les deux ne se cumulent pas sur un même locataire. Visale est une caution gratuite délivrée par Action Logement, réservée à certains profils (moins de 31 ans, salariés en mobilité, bail mobilité). La GLI est une assurance payante ouverte à des profils plus larges. Pour un même logement, vous choisissez l'un ou l'autre : Visale si le locataire est éligible, GLI sinon.
Le dépôt de garantie suffit-il en cas d'impayé ?
Rarement. Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges en location nue (2 mois en meublé). Il sert d'abord à couvrir les dégradations et les charges au départ du locataire. Face à plusieurs mois d'impayés cumulés pendant une procédure d'expulsion (souvent 12 à 24 mois), il est très insuffisant : seule une GLI ou une caution compense la perte réelle.
Que couvre exactement la GLI au-delà du loyer ?
Une bonne GLI prend en charge, selon les contrats : les loyers et charges impayés (souvent plafonnés à 70 000-90 000 € ou 24-36 mois), les frais de procédure et d'huissier, la protection juridique, et parfois les dégradations locatives au-delà du dépôt de garantie. Vérifiez le plafond, le délai de carence et la franchise avant de souscrire.
Sur le même thème

Sur le même thème

Sécuriser son investissement locatif

Comparez votre PNO en 2 minutes

Cinq questions sur votre bien, douze compagnies analysées, trois finalistes anonymisés. Sans engagement.

100 % gratuit
Sans engagement
12 compagnies
Réponse sous 24 h