Procédural 7 min · Publié le 30 juin 2026

Mon syndic refuse mon attestation PNO : que faire ?

Trois étapes pour gérer le refus du syndic : vérifier la conformité du document, opposer la conformité par écrit, escalade conseil syndical et commission de conciliation.

Enveloppe dans boîte aux lettres

En bref

La majorité des refus d'attestation par les syndics tiennent à un détail manquant (numéro de lot, surface, période de validité) facile à corriger. Trois étapes : (1) vérifier la conformité du document envoyé, (2) opposer la conformité par écrit avec référence à l'article 9-1 de la loi ALUR, (3) escalade au conseil syndical, puis à l'assemblée générale, puis à la commission de conciliation des baux en dernier recours.

Étape 1 : vérifier la conformité de l'attestation envoyée

Avant toute chose, lisez l'attestation que vous avez fournie. Doit y figurer obligatoirement :

  • Identité du souscripteur (vous-même, ou la SCI si détention via société)
  • Adresse exacte du logement, avec numéro de lot de copropriété
  • Numéro de contrat
  • Période de validité (date début / date fin)
  • Mention explicite de la garantie RC bailleur conformément à l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965

Si un de ces éléments manque, le syndic est juridiquement fondé à refuser. Demandez un correctif à votre assureur (gratuit, sous 48 heures en général) en précisant l'élément manquant.

Pièges fréquents : adresse incomplète (manque le n° d'étage ou de lot), période passée (attestation de l'année dernière non renouvelée), formulation ambiguë qui ne mentionne pas explicitement la RC bailleur ALUR.

Étape 2 : opposer la conformité par écrit

Si votre attestation est conforme et que le syndic persiste à la refuser, ne tergiversez pas : écrivez. Lettre simple ou email avec accusé de réception, daté, mentionnant :

  • L'objet : « Réception d'attestation PNO — Lot n° X »
  • La référence à l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965, modifié par la loi ALUR du 24 mars 2014
  • Le rappel que l'attestation contient tous les éléments légaux requis (lister chacun)
  • La demande de motivation écrite du refus, si refus persistant
  • Le rappel que vous restez à disposition pour fournir tout complément si nécessaire

Cette lettre est cruciale : elle documente votre bonne foi et oblige le syndic à motiver son refus par écrit. Conservez l'accusé de réception.

Étape 3 : escalade et recours

Si le syndic ne répond pas ou persiste sans motivation valable, trois niveaux d'escalade :

  1. Conseil syndical : organe représentant les copropriétaires, qui peut interpeller le syndic. Écrivez au président du conseil syndical en joignant votre correspondance avec le syndic. Effet souvent immédiat.
  2. Assemblée générale : inscrivez la question à l'ordre du jour de la prochaine AG (demande écrite à faire au moins 21 jours avant). Cela force le syndic à se justifier devant l'ensemble des copropriétaires.
  3. Commission de conciliation des baux d'habitation : procédure gratuite, saisie par lettre recommandée. La commission convoque les parties et propose une solution amiable. Pas contraignant juridiquement mais souvent suffisant pour débloquer.
  4. Avocat / référé : en dernier recours. Action en référé devant le tribunal judiciaire pour faire reconnaître la conformité de votre attestation et obtenir des dommages-intérêts si le refus injustifié a causé un préjudice.

Pièges à éviter

  • Ne pas répondre au syndic : le silence peut être interprété comme un refus de coopérer. Répondez systématiquement, même brièvement.
  • Envoyer un email sans accusé de réception : sans preuve d'envoi, votre défense est fragilisée. Privilégiez lettre recommandée ou email avec demande d'accusé.
  • Accepter de changer d'assureur sous pression : aucun syndic ne peut l'exiger. Le syndic peut seulement vérifier que vous êtes assuré, pas chez qui.
  • Ignorer la mise en demeure : si vous recevez une mise en demeure formelle, répondez sous 8-15 jours par recommandé. Une absence de réponse peut justifier une procédure judiciaire.
  • Fournir trop d'informations : ne joignez jamais les conditions générales du contrat ni le montant de la prime. Seule l'attestation est due.

Questions fréquentes

Quels éléments doit contenir une attestation PNO ?
Cinq mentions minimum : (1) identité du souscripteur, (2) adresse exacte du logement avec n° de lot si copropriété, (3) numéro de contrat, (4) période de validité (date début / fin), (5) garantie responsabilité civile minimum imposée par la loi ALUR. Sans l'un de ces éléments, le syndic est juridiquement fondé à refuser.
Le syndic peut-il exiger plus que l'attestation ?
Non. Le syndic peut demander uniquement la preuve que vous êtes assuré au minimum à la RC. Il ne peut pas exiger les conditions générales du contrat, le montant de la prime, le détail des options souscrites. L'attestation suffit. Si le syndic en demande plus, opposez l'article 9-1 de la loi ALUR et la doctrine de la CNIL sur le principe de proportionnalité.
Le syndic peut-il me forcer à changer d'assureur ?
Non, jamais. Vous restez libre de choisir votre assureur, votre formule, votre tarif. Le syndic ne peut imposer ni un assureur partenaire, ni un niveau de garantie supérieur au minimum légal (RC). Si le syndic insiste, refusez par écrit et conservez la trace.
Combien de temps pour fournir l'attestation après demande ?
Pas de délai légal strict. La pratique : 15 à 30 jours après réception de la demande écrite du syndic. Au-delà, le syndic peut envoyer une mise en demeure. En cas de blocage persistant, action en référé devant le tribunal judiciaire (rare en pratique).
Que faire si le syndic met en demeure sans raison valable ?
Répondez par lettre recommandée avec accusé de réception, en joignant : (1) copie de l'attestation conforme déjà envoyée, (2) référence article 9-1 loi ALUR, (3) demande de motivation écrite du refus. Si le syndic persiste, escalade au conseil syndical, puis à l'assemblée générale, puis si nécessaire à la commission de conciliation des baux ou un avocat.
Le syndic me demande une attestation chaque année : c'est normal ?
Oui. Une attestation est valable pour la durée de l'année d'assurance en cours (généralement 12 mois). À chaque renouvellement, l'assureur émet une nouvelle attestation. Le syndic peut légitimement la redemander chaque année — c'est un contrôle annuel standard et légal.
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